Immunization Financing: A resource guide for advocates, policymakers, and program managers
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Le financement Gavi de la vaccination

Fiche 9

Points essentiels

  • Gavi est la première source de financement extérieur de la vaccination dans le monde.
  • L'Alliance du Vaccin soutient un portefeuille de 10 vaccins et contribue aux stocks mondiaux de vaccins contre la méningite et la fièvre jaune et du vaccin oral contre le choléra. Gavi participe aussi à l'achat de matériel frigorifique, subventionne les efforts de renforcement des systèmes de santé et d'introduction de vaccins et offre une assistance opérationnelle aux campagnes de vaccination.
  • Gavi aide les pays à assurer la pérennité financière de leur programme de vaccination. Les pays qui bénéficient de l'aide Gavi à la vaccination sont tenus d’apporter une contribution qui augmente au fil du temps.

Gavi, l'Alliance du vaccin, a été fondée en 2000 par un partenariat de grands donateurs, d'organisations internationales et de leaders de l'industrie du vaccin pour accélérer l'adoption par les pays les plus pauvres de vaccins nouveaux et sous-utilisés et améliorer leur couverture vaccinale. Gavi est né d'un sentiment de frustration face à la stagnation de la couverture vaccinale et aux obstacles financiers à l'introduction de nouveaux vaccins qui peuvent sauver tant de vies dans les pays les plus pauvres.

Gavi est une entité de financement qui est devenue la première source extérieure de financement de la vaccination. Fin 2015, elle avait consacré un total de 8,7 milliards de dollars aux programmes de vaccination nationaux. Son aide est à la fois matérielle (fourniture de vaccins, de matériel d'injection et d’équipements) et financière (subventions à l'introduction de vaccins, aux campagnes de vaccination et au renforcement des systèmes de santé). Elle collabore avec des partenaires publics et privés, dont l'Organisation mondiale de la santé et l'UNICEF, pour aider les pays à améliorer l’exécution de leurs programmes de vaccination.

Gavi intervient aussi sur le marché des vaccins pour faire baisser les prix et sécuriser l’approvisionnement. De concert avec la Division des approvisionnements de l'UNICEF, qui gère l'essentiel des achats pour les pays bénéficiant de l'aide de Gavi, et avec la Fondation Bill et Melinda Gates, Gavi s’emploie à améliorer le fonctionnement des marchés afin qu'ils répondent mieux aux besoins des pays. Gavi bénéficie de prix relativement favorables sur les vaccins de son portefeuille.

L’éligibilité à Gavi

À la création de Gavi, en 2000, 75 pays au revenu national brut (RNB) par habitant inférieur à 1 000 dollars répondaient aux critères d'éligibilité. Fin 2009, Gavi a porté ce plafond à 1 500 dollars et décidé qu’il fluctuerait en fonction de l'inflation et que l'éligibilité des pays reposerait sur les chiffres de RNB par habitant publiés tous les ans en juin par la Banque mondiale pour l'année précédente. En 2015, le Conseil d’administration de Gavi a de nouveau modifié sa politique d'éligibilité et de transition : pour le calcul du RNB, serait prise en compte la moyenne des trois dernières années, afin d'atténuer les fluctuations annuelles et de permettre à chaque pays de mieux anticiper le moment où il dépasserait le plafond. En 2017, il s’établissait à 1 580 dollars.

Quand un pays franchit ce seuil, il entre dans la phase dite de « transition accélérée » qui dure cinq ans, où l'aide de Gavi décroît progressivement et la contribution nationale au financement des vaccins augmente rapidement (ainsi qu'on le verra en détail plus loin dans la présente fiche). Après la première année de cette transition, dite « année de grâce », le pays ne peut prétendre à aucune aide pour les nouveaux vaccins. En 2017, 32 pays sont en phase initiale de l'autofinancement, 15 en phase de transition préparatoire et 17 en phase de transition accélérée. Le modèle de la transition de Gavi est illustré dans le graphique ci-après.

Comment fonctionne l'aide Gavi

Gavi soutient un portefeuille de vaccins (ainsi que le matériel de sécurité des injections) : le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH), le vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI), les vaccins contre l'encéphalite japonaise, la rougeole, la rougeolerubéole, la méningite A, le pneumocoque, le vaccin pentavalent, les vaccins contre le rotavirus et la fièvre jaune. Un pays peut solliciter de l'aide pour une campagne de vaccination ou, plus communément, pour l'introduction d’un nouveau vaccin dans son programme de vaccination systématique. Gavi soutient financièrement l'achat des vaccins et du matériel de sécurité des injections (les fonds sont remis à l'UNICEF qui se charge des achats, et non aux pays eux-mêmes). Gavi intervient aussi via son dispositif de Renforcement des systèmes de santé et de vaccination (RSSV), qui octroie des subventions pour le renforcement des systèmes de santé, pour l'introduction des nouveaux vaccins et pour contribuer aux coûts opérationnels des campagnes de vaccination. Les contributions du RSSV visent à renforcer les systèmes de vaccination et surtout à améliorer la couverture et l'équité - l'un des principaux objectifs de la stratégie de Gavi pour la période 2016-2020. En 2016, Gavi a commencé à offrir son soutien à la modernisation de la chaîne du froid.

Figure 1.Le modèle Gavi : contribution des pays au coût des vaccins (2016)

Gavi s'engage à soutenir durablement l'utilisation systématique des vaccins par les pays jusqu'à leur sortie du dispositif. L’Alliance du Vaccin ajoute périodiquement des vaccins à son portefeuille (essentiellement sur la base de sa Stratégie d'investissement quinquennale en faveur de la vaccination). L'addition de nouveaux vaccins au portefeuille et les modifications des règles de Gavi sont systématiquement annoncées et expliquées sur le site Internet de Gavi afin que les pays soient informés des options qui s’offrent à eux.

Le cofinancement

Le modèle Gavi consiste à aider les pays à se préparer à l'autofinancement total lorsque l'aide prendra fin. Dans le cadre du mécanisme de cofinancement, Gavi demande aux pays d’acheter (généralement par l'intermédiaire de l'UNICEF) et de prendre partiellement en charge les vaccins introduits avec son soutien. Les exigences de cofinancement pour 2016 sont illustrées dans le graphique de la page précédente. Les pays sont tenus, non seulement de cofinancer les vaccins, mais aussi d’assumer les coûts récurrents supplémentaires entraînés par les nouveaux vaccins – chaîne d'approvisionnement, logistique et vaccination – même s'il arrive que d'autres donateurs en prennent en charge une partie.

L’effort de cofinancement demandé augmente en même temps que la croissance économique du pays. Lorsqu'un pays se trouve dans la catégorie des pays à revenu faible de la Banque mondiale (catégorie dite de l'autofinancement initial), il ne prend en charge qu’une petite partie du coût des vaccins Gavi (l’équivalent de 0,20 dollar par dose). L’objectif de cette modeste contribution est plus d’inviter le pays à s’approprier le programme de vaccination que de contribuer à sa viabilité financière. Une fois que le pays franchit le seuil des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (catégorie dite de transition préparatoire), le cofinancement dépend du prix des vaccins qu'il a adoptés et augmente de 15 % par an. Une fois le plafond d’éligibilité dépassé, le cofinancement augmente encore de 15 % pendant une année (l'année de grâce), avant d'augmenter plus fortement les quatre années suivantes (transition accélérée). Dans l'idéal, lorsque l'aide de Gavi prend fin, le pays est en mesure de financer en totalité le coût des vaccins. Or, lorsqu’un pays sort du dispositif Gavi, il se heurte souvent à la difficulté supplémentaire d'avoir à payer les vaccins plus cher. Face à ce problème, certains laboratoires se sont engagés à pratiquer pour ces pays les mêmes prix que pour Gavi, ou à ne pas relever les prix de certains vaccins pendant un certain temps après la sortie du dispositif. On trouvera des informations sur les engagements des fabricants à www.gavi.org/library/gavi-documents/supply-procurement/.

Préparer la transition

Bien qu'en principe le cofinancement ait pour but de les préparer à la sortie de l'aide de Gavi, certains pays, notamment ceux qui ont introduit un grand nombre de vaccins avec l'aide de Gavi, rencontrent des difficultés budgétaires lorsque l’aide prend fin. Quand un État prend la décision d'introduire un nouveau vaccin, il doit donc en considérer les implications financières à long terme. Les acteurs publics confrontés à la décision d'introduire un vaccin trouveront dans d'autres fiches du présent guide de ressources des éléments leur permettant de soupeser les différents paramètres, notamment financiers, de mieux plaider la cause de la vaccination auprès des décideurs, de calculer les impératifs budgétaires, de réduire les coûts grâce à l'achat stratégique, de trouver des sources de financement et d’assurer un financement suffisant et pérenne de la vaccination par des réformes globales du financement du secteur de la santé.

L'addition de nouveaux vaccins au portefeuille et les modifications des règles de Gavi sont systématiquement annoncées et expliquées sur le site Internet de Gavi afin que les pays soient informés des options qui s’offrent à eux.

lectures complémentaires

Pour en savoir plus sur le prix des vaccins fournis par l'UNICEF à Gavi, voir la page de la Division des approvisionnements de l'UNICEF (https://www.unicef.org/french/supply/index_gavi.html).

Voir le site de Gavi pour en savoir plus sur son soutien (http://www.gavi.org/soutien/) et ses politiques (http://www.gavi.org/librairie/documents-gavi/politiques-gavi/).

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