Immunization Financing: A resource guide for advocates, policymakers, and program managers
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Composition du coût de la vaccination

Fiche 3

Points essentiels

  • Les coûts de vaccination comprennent les vaccins, la main-d’oeuvre, les fournitures, le transport, l’exploitation et la maintenance, le matériel frigorifique et les investissements en installations et technologie. Les principales composantes du coût sont la main-d’oeuvre et les vaccins.
  • Les coûts de prestation (vaccins non compris) représentent près de la moitié des coûts de la vaccination.
  • Dans les dispensaires et au niveau administratif, les coûts de la vaccination sont habituellement répartis entre plusieurs services et activités de santé ; la udgétisation et la dotation en personnel des services de santé primaires sont donc essentielles à la fourniture de services complets de vaccination.
  • De récentes études portant sur le coût de la vaccination ont mis en évidence d’importants écarts dans le coût global des installations et des unités au sein de certains pays et entre pays différents.
  • Les dispensaires à forte fréquentation ont tendance à offrir des coûts de vaccination par enfant inférieurs à ceux situés en zone rurale. Cela doit être pris en considération lors de la budgétisation et de l’affectation de ressources.
  • L’introduction d’un nouveau vaccin suppose des coûts de démarrage ponctuels – formation, impression de documents et intégration à la chaîne du froid – qui doivent être prévus dans les budgets.

Les pays ont besoin de comprendre les éléments clés des coûts de vaccination pour pouvoir correctement budgétiser, financer, mettre en oeuvre et entretenir un programme complet de vaccination. Les coûts de vaccination sont parfois difficiles à démêler parce qu’ils se répartissent sur différents niveaux du système de santé – de l’organisme central de coordination au point d'administration des vaccins – et que leurs différentes composantes peuvent être financées de façon différente. Ce sont notamment l’achat des vaccins et des fournitures de vaccination, la chaîne et la logistique d’approvisionnement et la vaccination proprement dite au point d’utilisation.

Au niveau du dispensaire ou de l’agent de santé, les différents services sont intégrés et le personnel assure toute une gamme de prestations ; de ce fait, les ressources relatives à l’administration des vaccins sont partagées (voir fiche 2.) Le prestataire médical qui vaccine des enfants dans un dispensaire peut aussi assurer d’autres prestations, eventuellement lors de la même visite. Bien qu’il soit difficile de ventiler les ressources et les coûts par service de santé, il est essentiel pour la bonne administration du service de vaccination de s’assurer que le financement suffira à couvrir tous les coûts partagés au niveau de la structure.

La présente fiche s’appuie sur les récentes études menées dans six pays dans le cadre du Programme étendu sur le coût de la vaccination et le financement de la vaccination systématique (Expanded Program on Immunization Costing and Financing of Routine Immunization, ou EPIC). Les premières études, réalisées en 2012 et 2013, ont estimé les coûts de la vaccination systématique au Bénin, au Ghana, au Honduras, en Moldavie, en Ouganda et en Zambie en suivant la même méthode. (Les données et documents associés, notamment la documentation relative aux données, les instruments de récolte de données et la présentation des résultats de l’analyse, peuvent se trouver à www.immunizationcosting.org.)

Principaux éléments de coût des services de vaccination

Les coûts des programmes de vaccination s’inscrivent dans deux grandes catégories :

  • Vaccins et matériel d’injection. Le coût total comprend la livraison au pays, les frais de douane associés, les taxes d’importation et les commissions d’achat, le cas échéant.

  • Administration de la vaccination. Ces coûts sont conséquents ; ils couvrent le temps nécessaire au prestataire médical pour administrer les vaccins, la formation, la planification, la gestion et la supervision, la mobilisation sociale, la surveillance, le suivi et l’évaluation. A cela s’ajoutent les coûts de la chaîne et de la logistique d’approvisionnement, à savoir le matériel frigorifique et les frais généraux, les véhicules, le transport et le temps consacré par le personnel à l’entreposage et à la livraison des vaccins jusqu’aux lieux d’intervention. La chaîne d’approvisionnement suppose des coûts de fonctionnement et d’investissement. Les coûts de fonctionnement comprennent le carburant destiné au transport, l’utilisation des unités de réfrigération, les salaires et l’entretien du matériel frigorifique (souvent sous-estimé dans la budgétisation de la vaccination). Les dépenses d’investissement comprennent l’achat de nouveaux camions, de motocyclettes et d’appareils de réfrigération.

Contributions et activites les plus coûteuses

D’après l’étude EPIC, la main-d’oeuvre est le premier poste de coût de la vaccination systématique. Elle représente 49 % de tous les coûts en moyenne sur les six pays – entre 15 % au Bénin et 77 % en Moldavie en 2011 (voir graphique ci-après). La part du coût de la main-d’oeuvre dans la vaccination d’un pays tend à être corrélée à son niveau de développement économique : dans les pays développés, les salaires des personnels médicaux sont plus élevés ; les coûts de main-d’oeuvre y sont donc proportionnellement supérieurs à ceux des pays moins développés.

Dépenses de vaccination systématique dans six pays (2011)

Remarque : La rubrique « Autres » comprend les fournitures, l’entretien, les charges (eau, électricité etc.), le transport, les indemnités quotidiennes, l’impression, les impôts, les véhicules, le matériel frigorifique, les autres types de matériel et les sommes non affectées.

Source: Brenzel et al., Health Affairs (2016)

Les vaccins et le matériel d’injection constituent le deuxième poste de dépense, totalisant en moyenne 27 % du total des coûts de la vaccination. Les vaccins constituent une part si importante du coût total que l’efficacité de l’achat et l’attention portée au choix de la présentation (nombre de doses et volume total par flacon) sont déterminants dans le coût de la vaccination (voir fiches 4, 11, and 12.)

Les coûts marginaux d’administration et de gestion (en plus des coûts de l’établissement de soin) représentent environ 15 % de l’ensemble des coûts de la vaccination systématique.

Coût par enfant complètement vacciné

Selon l’étude EPIC, en 2011, le coût par enfant complètement vacciné était d’environ 60 USD au Ghana, 132 USD au Honduras, et 332 USD en Moldavie. Ces chiffres sont nettement supérieurs à ceux des études de coût détaillées portant sur les 10 à 20 années précédentes, car les programmes nationaux comportaient alors beaucoup moins de vaccins. En 2001, au Ghana, par exemple, le coût estimé par enfant complètement vacciné (dans le cas de la vaccination systématique uniquement) était d’environ 10 USD. Selon l’étude EPIC, au Honduras, 20 % du coût par enfant complètement vacciné correspondaient aux deux vaccins les plus récemment introduits, le rotavirus et le pneumocoque.

Impact de la fréquentation d’un établissement sur les coûts

L’étude EPIC révèle d’importants écarts de coût total et unitaire de la vaccination : les établissements à plus forte fréquentation ont un coût unitaire moins élevé (par dose administrée ou par enfant vacciné) car les frais fixes sont répartis entre un plus grand nombre d'actes. Les établissements des zones rurales sont habituellement plus petits parce qu’ils desservent des zones faiblement peuplées et leurs coûts par dose sont sensiblement supérieurs à ceux des établissements des zones urbaines ou périurbaines. Au Honduras, par exemple, le coût par dose administrée au niveau de l’établissement (hors vaccin) va d’environ 1,6 USD dans les hôpitaux à 7,7 USD dans les postes de vaccination ruraux. L’étude conclut que le coût unitaire d’une couverture vaccinale élevée est plus élevé dans les zones rurales du Honduras que dans les zones densément peuplées.

Impact du mode de fourniture sur les coûts pour les nouveaux vaccins

On dispose de peu d’éléments factuels sur l’impact du mode de fourniture sur les coûts marginaux de livraison des nouveaux vaccins et des vaccins sousutilisés. Concernant la vaccination contre le virus du papillome humain (VPH), on observe toutefois que les stratégies s’appuyant sur les structures scolaires sont plus coûteuses que celles reposant sur les dispensaires (bien que les premières puissent s’avérer nécessaires dans les régions où elles sont plus efficaces).

Les coûts initiaux de lancement des nouveaux vaccins

L’introduction d’un nouveau vaccin entraîne des coûts pour l’achat de vaccins et du matériel d’injection nécessaire ainsi que des coûts marginaux de livraison. Elle suppose aussi des coûts ponctuels pour les différentes activités liées au lancement, notamment la formation de personnel soignant, la mobilisation.

Les nouveaux vaccins peuvent aussi réclamer un surcroît d’investissement dans le stockage sous chaîne du froid. Il arrive toutefois que certains vaccins combinés (comme le pentavalent ou l’hexavalent) se substituent à plusieurs autres, réduisant ainsi le besoin d’espace réfrigéré et de matériel d’injection.

Les lacunes des données sur les coûts

Les études de coût détaillées ont révélé d’importants écarts d’un pays à un autre dans les coûts d’administration de la vaccination. Les données sont très lacunaires pour l’Asie centrale, l’Asie du Sud et l’Europe. En outre, les coûts de vaccination ont été moins étudiés dans les pays à revenu faible que dans les pays à revenu intermédiaire. De plus, ces dernières années, de nombreux pays ont ajouté des vaccins à leur calendrier de vaccination, et les études de coût anciennes risquent d’être devenues obsolètes ou de présenter des incohérences en ce qui concerne les coûts partagés.

Les dernières études en date prennent en considération la vaccination systématique. Les données sont plus rares sur le coût des opérations de vaccination complémentaire, qui visent à toucher d’importantes populations susceptibles d’avoir été oubliées par le programme systématique et vaccinent souvent les enfants quels que soient leurs antécédents de vaccination. Il serait souhaitable de mieux évaluer les coûts des divers modes d’administration, ceux de la mise en place d’une couverture vaccinale plus étendue et plus équitable et ceux de services de meilleure qualité.

Sources et lectures complémentaires

Brenzel L, Schütte C, Goguadze K, Valdez W, Le Gargasson J, Guthrie T. EPIC studies : governments finance, on average, more than 50 percent of immunization expenses, 2010–11. Health Affairs. 2016 Fév ; 35(2) : 259-65.

Brenzel L, Young D, Walker DG. Costs and financing of routine immunization : approach and selected findings of a multi-country study (EPIC). Vaccine. 7 mai 2015 ; 33 : A13-20.

EPIC [en ligne]. EPIC immunization costing studies. Consultable à : www.immunizationcosting.org

Janusz CB, Castañeda-Orjuela C, Aguilera IB, Garcia AG, Mendoza L, Díaz IY, Resch SC. Examining the cost of delivering routine immunization in Honduras. Vaccine. 7 mai 2015 ; 33 : A53-9.

Le Gargasson JB, Nyonator FK, Adibo M, Gessner BD, Colombini A. Costs of routine immunization and the introduction of new and underutilized vaccines in Ghana. Vaccine. 7 mai 2015 ; 33 : A40-6.

Levin A, England S, Jorissen J, Garshong B, Teprey J. Case study on the costs and financing of immunization services in Ghana. Bethesda (MD) : Abt Associates ; 2001. Consultable à : https://perma.cc/7BGP-Z5LS

Schütte C, Chansa C, Marinda E, Guthrie TA, Banda S, Nombewu Z, Motlogelwa K, Lervik M, Brenzel L, Kinghorn A. Cost analysis of routine immunisation in Zambia. Vaccine. 7 mai 2015 ; 33 : A47-52.

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